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  Autre sujet de la rubrique ARCHITECTURE
  Parcours dans le château

L’idée de parcours dans le château : jouer avec les sens, surprendre, déstabiliser
 

 
Lorsqu’on parcourt le château de Maulnes, il est difficile de rester indifférent. On serait plutôt un peu désorienté, on pourrait sentir son attention attirée dans de multiples directions à la fois sans pouvoir fixer une chose précise, chercher souvent des repères, être même étonné à certain moment… Si l’on ajoute à cette expérience ce que montrent les parties détruites et celles prévues sur le plan du XVIe siècle de Jacques Androuet du Cerceau, une hypothèse forte peut être que ce château a été conçu rationnellement pour provoquer ces perceptions et ces impressions. Il est intéressant de rappeler que la Renaissance en art est l’époque de la mise en œuvre de la perspective et il semblerait que cette dernière soit ici l’objet d’une application particulière, sous forme d’un jeu, non seulement dans ses principes mais aussi, plus globalement, avec les sens du corps.
Pour aller au bâtiment central, selon le plan du XVIe siècle, on entre par une porte qui se trouve au milieu d’un mur aveugle, pour arriver alors dans une cour circulaire. En continuant tout droit, on passe sous une galerie percée par des portes surmontées d’arc en plein cintre, pour ensuite se retrouver sur un petit pont qui passe au-dessus d’un fossé et qui conduit à la porte d’entrée du logis principal. On transite ainsi deux fois d’un espace ouvert à un espace fermé, sans jamais avoir des formes qui se répètent, et on vit donc des transitions et des expériences différentes dans chaque espace.
Une fois dans le bâtiment pentagonal, aucun repère n’indique un parcours privilégié, par exemple pour amener à une pièce d’accueil ou une salle centrale, et quasiment aucun signe sur ou autour des portes ne semble indiquer le statut des pièces où elles mènent (voir Les Cahiers de Maulnes, n° 5), contrairement à l’usage de l’époque. De plus, la composition différente des pièces à chaque étage ne permet pas de se représenter le bâtiment globalement. On peut ajouter à cela l’existence d’une structure en demi-étages qui multiplie les niveaux de desserte des escaliers.
En sortant du logis côté jardin, vers le sud, on débouche dans le milieu aquatique du nymphée avant d’arriver dans la verdure du jardin. Et si l’on se retourne alors, on ne saisit pas encore la forme pentagonale du bâtiment. Il faut pour cela atteindre un point précis du jardin, à l’extrémité du demi-cercle qui marque sa limite.





Bruno Choc
     
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