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Un chef d’œuvre oublié et mystérieux en perpétuelle redécouverte.

Comment se fait-il que le château de Maulnes, aujourd’hui considéré par beaucoup comme un chef d’œuvre, n’ait été redécouvert et reconnu que si récemment ? Quelles sont les conditions de sa conception et de sa construction dans cette seconde moitié du XVIe siècle ? Qu’est-ce qui constitue son originalité ?
Pour répondre à ces questions, il faut déjà essayer d’imaginer l’aspect de ce château envahi par les ronces, avant qu’il ne devienne la propriété du Conseil général de l’Yonne en 1997. Et tel un conte de fées, la ronce disparut et le bâtiment apparut dans toute sa splendeur. Son intérêt a grandi dans le monde de l’histoire de l’art et de l’architecture dans le même temps que les travaux de différents spécialistes permirent de mieux le connaître. Ce château petit par la taille est devenu grand.
Et pourtant, Pierre du Colombier écrivait déjà en 1938 dans la revue Architecture :
« Il n’a guère suscité que la curiosité de chercheurs locaux, et l’on n’apprendra point sans une certaine mélancolie que rien n’a été fait pour conjurer la ruine de ce monument unique dont il restait encore l’essentiel vers le milieu du XIXe siècle » (voir Les Cahiers de Maulnes, n° 2).

Se situant à une époque où la référence à la Renaissance italienne est forte, ce château nous reporte à des projets ou des bâtiments existants, dont son concepteur s’inspire mais qu’il transforme aussi pour finalement créer une œuvre singulière si ce n’est originale. Cette originalité se retrouve par exemple dans la forme pentagonale du bâtiment principal, dans le noyau central intérieur que constituent l’escalier et le puits, dans le travail de la lumière et dans la pleine intégration de l’eau dans la conception. La force de la composition de ce château tient aussi dans les formes de ses éléments architecturaux et les rapports qui s’établissent entre eux, dans les techniques utilisées ainsi que dans les sensations si ce n’est les émotions qu’il provoque lorsqu’on le parcourt.

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Plusieurs disciplines universitaires sont convoquées pour aider à la redécouverte de cet édifice. Et plus elles apportent des éléments nouveaux sur ce qui a amené et rendu possible son édification (Comment s’est déroulé le chantier ? quel était l’ état final du bâtiment ? Comment a-t-il évolué ?…), plus son intérêt devient évident et plus on comprend aussi que ce château est très intégré dans un territoire local, un « pays », qui a son environnement architectural et « naturel » propre : des couches géologiques avec le choix de pierres de couleurs et de texture différents, une grande forêt, un paysage vallonné, plusieurs sources d’eau, des édifices de grands intérêts comme le château d’Ancy-le-Franc ou l’hôtel d’Uzès…

Et non seulement on s’interroge encore sur l’état d’achèvement réel par rapport aux plans retrouvés, mais aussi l’architecte qui a dessiné les plans demeure inconnu. C’est un peu comme si des mystères révélaient des trésors mais aussi d’autres mystères, ce qui ne manque pas de passionner. Pour ce qui concerne son concepteur, un certain nombre de spécialistes semblent d’accord pour dire que c’est un architecte accompli, et plusieurs noms célèbres sont souvent évoqués, parmi lequel celui de Philibert De l’Orme. En tout cas, les plans emprunteraient à des projets et des bâtiments réalisés par ceux-ci ou encore d’autres architectes importants : Sebastiano Serlio, Francesco Paciotto, Vignole, Baldassare Peruzzi, Antonio da Sangallo…
Le château de Maulnes s’avère ainsi attractif pour les connaisseurs par ses références architecturales et la complexité réussie de sa conception, et pour tous par l’harmonie de ses formes, les surprises qu’il réserve et ce qu’il fait ressentir en le découvrant sur site.
Laissons les mots de la fin à Paul Barnoud, architecte en chef des monuments historiques, en charge de la restauration du château :
« La qualité de l’ouvrage ne s’impose pas au premier regard, elle se révèle, au fil de la visite [et de son étude], dans la construction d’un espace singulier qui bouleverse nos repères et nos habitudes. Visiter Maulnes, c’est entrer dans l’expérience d’une découverte qui nécessitera une longue déambulation » (Les Cahiers de Maulnes, n° 5).

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